event 07 Apr 2022

Le Forum Fragilité Biennal // Risques combinés de la fragilité et du changement climatique

Le Forum Fragilité de la Banque mondiale a eu lieu du 7 au 15 mars 2022 autour d'un thème central orienté vers " le développement et la paix en temps incertains ". Cet événement spécial en ligne a permis d'ouvrir un dialogue sur le renforcement de la résilience dans des contextes dynamiques, fragiles et affectés par des conflits.

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Fragility forum 1

Figure 1 - Participants à la session du Forum Fragilité (de gauche à droite selon l'ordre de leur discours)

Présentation du thème de la session

Le Forum Fragilité biennal de la Banque mondiale s'est tenu du 7 au 15 mars 2022 avec pour thème central "Développement et paix en temps incertains". Cet événement a réuni des experts des secteurs public et privé, y compris des décideurs politiques et des praticiens axés sur les domaines de l'humanitaire, du développement, de la paix et de la sécurité.

Le 14 mars 2022, une session virtuelle a eu lieu sur les risques combinés de la fragilité et du changement climatique, co-organisée par l'Overseas Development Institute (ODI) et le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ). Cette session a rassemblé des intervenants ayant une expertise pratique dans trois domaines : l'adaptation au changement climatique, la gestion des risques de catastrophe et la consolidation de la paix.

Le Dr Rebecca Nadin, directrice des risques mondiaux et de la résilience à l'ODI et modératrice de la session, a introduit le thème "Faire face aux risques combinés de la fragilité et du changement climatique". Elle a souligné qu'à présent, que 80 % des personnes touchées par les risques naturels vivent dans des contextes fragiles et sujets à des conflits. La faiblesse des ressources naturelles et la dégradation de l'environnement sont exacerbées par la fragilité structurelle, la marginalisation politique, le manque de clarté du régime foncier et les problèmes de gouvernance.

En tant que tel, cet échange a tenté de mettre en évidence comment intégrer de manière opérationnelle la gestion des risques de catastrophes et l'adaptation au climat dans les approches humanitaires et de développement afin de renforcer la résilience dans des contextes dynamiques, fragiles et affectés par des conflits.

Les discours d'ouverture soulignant l'intersection de la fragilité et du changement climatique

Le premier discours d'ouverture de l'événement a été présenté par M. Jochen Flasbarth, Secrétaire d'État du ministère fédéral de la coopération économique et du développement (BMZ). Il a commencé par préciser les liens entre le changement climatique et la fragilité en déclarant : "La fragilité ne se limite pas aux contextes locaux et régionaux ; c'est un défi mondial. La fragilité est, à mon avis, le principal obstacle qui empêche d'atteindre les Objectifs de développement durable." Le changement climatique accélère les défis liés à la fragilité et les communautés en situation de fragilité sont plus exposées aux conflits violents découlant des catastrophes d'origine climatique. M. Flasbarth a déclaré que la fragilité nécessite une approche intégrée et a exposé les trois critères clés du BMZ : synergies, prévention et capacités locales.

Le deuxième discours-programme était présenté par Finda Koroma, vice-présidente de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Mme Koroma a souligné les effets néfastes du changement climatique en Afrique de l'Ouest : propagation des maladies, dégradation de la biodiversité et des écosystèmes, accroissement des périodes de sécheresse, diminution du littoral, assèchement saisonnier des rivières comme le bassin du lac Tchad. L'adaptation et l'atténuation du changement climatique s'avèrent difficiles dans les États fragiles. Elle a souligné la nécessité d'investir dans la gouvernance et le développement local, d'adopter des plans stratégiques nationaux holistiques alignés aux programmes régionaux et internationaux de lutte contre le changement climatique, d'accroître le renforcement des capacités, de renforcer la résilience des personnes vulnérables et de promouvoir les droits de l'homme et le genre. Elle a précisé que : "Les femmes, qui représentent 80 % des personnes déplacées pour des raisons environnementales dans le monde, sont plus susceptibles d'être touchées par des catastrophes naturelles."

Discussion entre experts

Après les discours d'ouverture, la modératrice de la session, le Dr Nadin, a donné la parole aux panélistes afin qu'ils offrent leur expertise sur le sujet en répondant à la question suivante : Que faisons-nous actuellement pour traiter à la fois les risques climatiques et les facteurs de conflit et de fragilité ? Et quelles leçons avons-nous tirées ?

M. Niels Holm-Nielsen, directeur de programme du Fonds mondial pour la réduction des risques de catastrophe (GFDRR), a pris la parole et a déclaré que le DRR contribue, grâce à sa capacité technique et à la mobilisation de subventions, à fournir un apport technique lié à la gestion des risques dans les environnements fragiles. Cela se fait dans le contexte organisationnel plus large du Groupe de la Banque mondiale par le biais d'outils tels que l'évaluation des risques et de la résilience. Un aspect clé intégré dans les stratégies prospectives de gestion des risques de catastrophes de la DRR est l'adaptation des connaissances et des ressources techniques dans les contextes à forte et à faible capacité afin de maximiser leur impact. Une des leçons apprises est le besoin de flexibilité ; les contextes fragiles nécessitent souvent des ajustements en raison d'événements imprévus - cela a amélioré la coopération et la coordination avec les Organisations de la Société Civile (OSC).

Catherine Wong, spécialiste des politiques en matière de risques climatiques et de sécurité au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a souligné que la causalité a tendance à être au centre des préoccupations dans le cadre du lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité, mais qu'il est nécessaire de se concentrer sur les mesures opérationnelles. Mme Wong a déclaré : "Nous n'avons pas encore vu la gouvernance mondiale du climat aborder les risques du changement climatique pour la paix et la sécurité". Elle a insisté sur la nécessité de mettre la prévention, la construction et la post-stabilisation à l'épreuve du climat et d'examiner les liens entre les conflits, la fragilité et le changement climatique.

Dieter Rothenberger, chef du programme Water Policy-Innovations for Resilience (WaPo-Re) de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), a pris la parole pour présenter le projet Frexus selon la perspective des programmes. Le projet Frexus adopte une démarche différente visant à trouver des synergies entre différents secteurs et entre la gestion sensible aux conflits et la gestion sensible au climat des ressources naturelles terrestres et des écosystèmes, avec un fort accent sur les communautés, en particulier les jeunes et les femmes. "Le projet Frexus vise à améliorer la sécurité et la résilience dans un contexte fragile grâce aux interfaces eau-énergie-sécurité alimentaire."

L'un des objectifs fondamentaux du projet est de définir une vue d'ensemble de la manière dont les ressources naturelles, le changement climatique et les conflits sont liés afin de trouver des facteurs de paix efficaces comme solutions pouvant être mises en œuvre dans le cadre du projet. En plus des études de base et des analyses des risques climatiques qui ont été menées dans les trois pays d'intervention, le Tchad, le Mali et le Niger, un outil d'analyse global a été développé pour prévoir les conflits dans les 12 prochains mois. Les facteurs clés sont développés à travers un outil analytique local codéveloppé par le projet Frexus dans un processus participatif avec les communautés locales (éleveurs et agriculteurs) afin de développer des solutions locales, spécifiques au contexte et avant tout une vision commune. Une des leçons clés apprises est la nécessité d'un processus de cocréation pour identifier les interventions nécessaires au niveau local.

Clôturant la session, le Dr Nadin a souligné le besoin de faire évoluer le discours afin de mettre en avant les facteurs de fragilité et de vulnérabilité et de mieux identifier les solutions pour répondre aux besoins immédiats et à long terme. Les panélistes ont identifié différentes manières de combler ces lacunes :

  • Mobiliser au niveau mondial les meilleures connaissances, les meilleurs outils et la gestion des risques climatiques et de catastrophes disponibles.
  • Se pencher sur le modèle de prestation des quatre P : Programmation. Politique. Personnel. Partenariat
  • Lier les outils et les connaissances locales afin de générer des données crédibles pour la prise de décision et une mise en œuvre adaptée.
  • Élaborer des évaluations et des analyses conjointes des risques dans différents secteurs (par exemple : eau, énergie, alimentation).
  • Développer des partenariats au niveau international et local
  • Réduire les cloisonnements entre les différentes institutions pour renforcer les mécanismes de sécurité climatique.

La session entière est disponible sur Youtube avec le lien suivant:

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Cecilia Vey

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